22 janvier 2009
20 Janvier 2009, Washington D.C, USA
16 août 2008
Régions et Culture
Une chercheuse en colère contre «Les Ch’tis»
Les Ch'tis…… un film à rebondissements ! Où l'on voit en fin de comptes (budgétaires) comment le souci du patrimoine, de "l'identité" d'un territoire comme d'une population, renforce les clichés en cours sans nullement rien faire bouger aux "marges". Je n'ai toujours pas vu le film, mais je ne suis pas étonné d'apprendre que la production a bénéficié de 600 000 € de subvention de la part du Conseil régional… avec l'approbation du FN. La participation des régions au financement du cinéma dans le souci de promouvoir quelque paysage ou site touristique n'est déjà plus tout à fait nouvelle. Certains réalisateurs s'en sont sorti mieux que d'autres. Si Dany Boon avait souhaité être un réalisateur critique, c.a.d. ayant la volonté de révéler une situation plutôt que d'en jouer, aurait-il bénéficié de cet argent ? Th. de Duve écrit quelque part que la parodie repose sur la participationactive du public dans une sorte d'accord sous-entendu. Il n'est pas dupe… parce qu'il adhère. Les clichés aussi, ça colle. Tant et si bien que ça se transforme en glue. On peut embrasser la réalité, et même en rire, sans flatter l'image… que les gens peuvent avoir d'eux-mêmes. Surtout quand ils font de la politique.
voir aussi : http://flipbook.20minutes-blogs.fr/tag/comique
01 août 2008
Affaire siné
ça fait un bout de temps que je soupçonnais Philippe Val de n'être qu'un père-la-morale avide de pouvoir. Nul autre, en fait, qu' un masque de plume (oui, il y a là une allusion à la radio que vous savez...) dont on attendait qu'il révèle l'encre où il puise son inspiration soit-disante social-démocrate et, en vérité, plutôt national-démago... Et Jofrin qui en rajoute une couche en écrivant (en écrivant !!) "la race juive" . Tous les deux me font penser à ces censeurs qui, dés qu'on dit "zizi" voient surgir le pédophile.
L'ambiance du moment est assez délétère.
28 juin 2008
des autoroutes de la sécurité
Le Figaro : "Voyage au cœur de la France des radars"
Il y a un problème à chaque fois qu'un système s'emballe pour n'assurer que son propre développement et sa survie.
Alors qu'on sait bien qu'il y a un lien positif entre prévention et répression de la délinquance, le contrôle des vitesses semble n'avoir plus pour objectif que d'assurer les recettes financières nécessaires à son propre développement. Alors que la sanction auparavant exceptionnelle devient la norme, que l'infraction céd systématiquement la place au délit et que l'erreur devient, de fait, impardonnable (une contestation entraîne l'obligation de payer l'amende la plus élevée : dissuasif !) on commence à s'apercevoir, à ressentir, que tout celà n'est qu'une vaste fumisterie.
En plus (même si les sommes restent sans doute dérisoires au regard des investissements en matière de réseaux autoroutiers) la recette des radars va à l'entretien du réseau autoroutier et au financement du système de contrôle. Bref, le système tourne en vase clos et, en somme(s) : faisons tous des exès de vitesse si l'on veut vraiment devenir des conducteurs-citoyens.
Dans toute cette affaire, il reste que c'est la confiance (pas la croyance, seulement la confiance) dans l'équité de l'Etat qui est mise à mal, chaque jour un peu plus.
Pas de fumées sans Hortefeux…
Pas de contrefeux sans les écrans de fumées du ministère de la désintégration nationale…
Dans la même soirée, Le Monde.fr écrit qu'une assistante sociale aurait dénoncé un clandestin, alors que rien ne l'y obligeait légalement. Sur Libé (toujours.fr) on apprend plus tard qu'un père a été expulsé et que son enfant (orphelin de mère) a été depuis recueilli par une bénévole (amie ou proche de la famille, peut-être…). Oui, mais il avait déjà commis un délit… ! Plus tôt dans la semaine, encore, un jeune, Juif, s'est fait lyncher… mais il était connu des services de police…
Evidemment, aucune brebis n'est tout à fait blanche (si, si… avec jeu de mots… !) Mais tout ça arriverait-il sans cette liberticité du temps présent ? L'information arrive jusqu'aux Unes des sites Internet des journaux "nationaux", dira t'on ? Tant mieux, même si le sensationnalisme guette au coin du bois (le loup non plus n'est pas tout à fait noir).
A part ça, Liliam Thuram quitte le terrain.
Il a perdu la Flamme ?
Non, il n'y a pas de rapport (de police). Voir toutefois le "pv de dénonciation" par ici…
29 mai 2008
Faites entrer l'accusé-France2
Soirée récidive, sur France2
Actualité judiciaire oblige (procès Fourniret et Loi sur "la rétention de sûreté et la déclaration d’irresponsabilité pénale pour trouble mental") Christophe Hondelatte accompagne son émission habituelle (Faites entrer l'accusé d'un débat sur la récidive : Patrick Tissier, le récidiviste.
Le dispositif de l'émission est sans surprise. Sur le plateau discutent Christophe Hondelatte et un second journaliste (* voir en fin de billet) avec des gens du barreau faisant face aux arguments d'un homme politique avec, à leurs cotés, quatre témoins, victimes directes de criminels sexuels ou proches de leurs victimes décédées*.
C'est alors que le dispositif se resserre (j'entends là, la précision de la mise en scène qui permet à un problème d'apparaître, d'être mis en débat).
De quels témoins s'agit-il ? On entend d'abord Cédric Volkaert, le frère de Karine, huit ans, assassinée par Patrick Tissier, sur qui portait le documentaire de la 1ère partie de l'émission. Puis les trois autres témoins, victimes d'autres meurtriers récidivistes *.
Dans son témoignage Cédric Volkaert, motivé par la nécessité de faire face à celui qui a trompé la confiance de sa famille, exprime son désir d'être à nouveau confronté à l'assassin de sa sœur. Il parle aussi du travail psychologique qu'il a mené et de son sentiment de culpabilité dû au fait de n'être pas allé chercher sa sœur à l'heure à l'école. Le drame aurait-il pu être évité ? Est-on coupable d'avoir été victime, ? C'est ici la première interrogation de la soiré qui surgit, de par la mise en scène, de par "l'ordre d'apparition à l'image".
Mais le cérémonial est en ordre inverse. Comme il y a des rétroplannings. Aussi, la parole est ensuite donné à une femme qui admet "publiquement" qu'elle et son mari sont en invalidité depuis la mort de leur enfant. Le témoin figure alors la difficulté de se reconstruire. Ici, on comprend que c'est l'abattement personnel et ses conséquences sur la vie sociale qui sont en cause.
Une troisème personne parle alors de la nécessité de maintenir en prison ces meurtriers récidivistes. Après la prise en compte de l'impact psychologique et affectif des tels drames, le cœur du débat public, politique, apparaît progressivement.
Jusque là les trois personnes s'expriment plutôt avec le cœur, parlent de leurs sentiments ou des réflexions que suscitent chez eux les émotions ressenties. La parole est directe, quasi i-réfléchie, sans retour sur elle-même, sans re-formulation. On note, sans avoir à juger, évidemment (c'est le hasard du "sur qui ça tombe"), qu'aucune d'elles ne semble faire partie des CSP+ ou simplement bénéficier d'une éducation "supérieure".
Contrant efficacement la compassion voyeuriste, Christophe Hondelatte donne alors la parole à la quatrième victime. Et c'est là, à ce moment précis, que la philosophie de l'émission apparaît pleinement. Ce travail de reformulation qui permet de dépasser la douleur d'une personne pour "porter" sur la place publique les questions de société que posent le crime dont elle est victime, on l'entend de la part d'une troisième femme qui nomme le problème : comment soigner ou, au mieux, comment rendre la peine (autant celle des victimes que des criminels jetés en prison) sinon utile, du moins constructive pour la société ? En somme, comment, plutôt que de provoquer le repli sur soi, d'alimenter le désir de vengeance ou de nourrir une névrose infinie, un drame tel que celui vécu par toutes ces personnes peut-il, en définitive, permettre d'améliorer le fonctionnement de la société ?
La suite du débat sera partagée entre les arguments des uns et des autres à ce sujet. Ce n'est pas le propos de ce billet. Il y sera question, non pas de la capacité de résilience dont on nous abreuve depuis quelque temps, mais de la force de caractère qui permet à quelqu'un de "désubjectiviser" sa souffrance pour la transformer (et non pas la soigner…) en la portant en place publique. Mais celà reste, pourrait-on dire,une affaire commune. En l'occurrence, celle de la victime, effective ou potentielle qui est du bon coté de la société (tout un chacun étant susceptible d'y être exposé), qui n'est pas touché par une toujours possible déviance. Ou qui a su la contrôler, et la sublimer peut-être. Car à coté de l'attitude "citoyenne" de cette victime (c'est le terme qu'elle a utilisé et c'est le bon mot pour dire de quoi on parle) mais aussi face à la position éthique de cette femme on trouve, par symétrie, la possibilité de retour sur soi de l'assassin (étant entendu qu'il ne s'agit pas de morale ni de remords).
Un court passage de l'émission montre un criminel sexuel (parlant incognito, il va de soi), exprimant le travail psychologique mené dans le cadre d'une thérapie et de soins "acceptés" à l'occasion de sa condamnation. Le doute s'installe. La parole est-elle vraie ? Le représentant* de la profession des "psy…/…" présent à l'émission y entend plutôt la parole du personnel soignant, une parole apprise, répétée, mais non vécue. Que la parole ici, soit effectivement ressentie ou non n'est pas la question. Une autre question se pose plutôt.
Pour la victime autant que pour le criminel, y a t 'il possibilité d'en sortir debout ? La victime est du coté de la Loi. Elle n'a pas transgressé. Son bon droit comme sa volonté sont deux étais inaliénables, et elle peut y prendre appui. Son niveau socioculturel, peut-être aussi. Une habitude de la parole argumentée et réfléchie évite t'elle les discours immédiatement répressifs, et politiquement utilisables au profit d'une droite "dure". C'est une première question. Une seconde, qui répondrait par symétrie au doute du psy de l'émission, serait celle-là : la victime qui témoigne du fond du cœur exprime t'elle son véritable sentiment, ou bien est-ce les partisans d'une répression sans considération du devenir du criminel qui parlent à travers elle. Il faudrait , pour aller de l'avant, chercher peut-être des indicateurs de tout celà dans une ré-écoute attentive de l'émission (même si je crois que mon avis est déjà bien forgé sur ce point).
Alors que les réformes judiciaires en cours dans le domaine des crimes sexuels tendent à victimiser encore plus les victimes au point que le procès (ce temps long qui permet le dé-roulement des faits utiles à la compréhension d'une situation précise, notamment la situation psycho-sociale et affective de l'accusé) pourrait, potentiellement en tous cas, devenir pour elles une séance de thérapie publique (à l'image peut-être de cette victime qui, durant l'émission, reconnaissait "en public" son statut d'invalide et son incapacité désormais reconnue au travail ?), il faut prendre acte de l'attitude de cette femme et, partant, la saluer (soyez sure que je m'en veux, Madame, de ne pas pouvoir vous nommer ici ) qui, en définitive, incarne une certaine vision de la Justice.
Il est fort dommage, dès lors, que l'émission littéraire qui suivit Faites entrer l'accusé (Dans quelle éta-gère) ai vanté de façon si vulgaire le livre d'une personne ayant vécu dans un appartement (ou habité à coté de celui-ci) ou le tueur Guy Georges avait sévit dans les années 90. Sans cette véritable fausse note (quelle émission sert elle de faire-valoir à l'autre ? A quel moment l'information devient-elle support de pub ?) la soirée aurait été parfaite. Et pourtant, à entendre la description de la perversité de Patrick Tissier, il y avait de quoi être écœurer plus d'une fois, et donc de bonnes raisons pour changer de chaîne.
D'ailleurs, je crois bien en avoir raté Docteur House sur la Une, que j'A-DO-RE.
C'est vous dire…
----------------------------------------------------------------------
* il se trouve que le site de l'émission sur France2 ne mentionne les noms d'aucun des participants. N'ayant pas pris de note au cours de celle-ci, je ne peux donc qu'évoquer les personnes sans les nommer. Toute contribution utile sera donc la bienvenue sur ce point.
22 mai 2008
Nos députés et nos plaques d'immatriculation
LIBERATION.FR : mercredi 21 mai 2008
Sauvons nos plaques d'immatriculation !
Ils étaient une trentaine de
députés de gauche et de droite, aujourd'hui, à manifester dans la cour
d'honneur de l'Assemblée pour demander le maintien du numéro de
département sur les plaques des voitures.
AFP
@Charles : il faut se farçir trois pages de réactions plus ou moins épidermiques et jem'enfoutistes pour arriver en fait au nœud du problème. Eh oui, la France (Sarkozy ou pas) se réorganise, se reconstruit administrativement et, plus lentement, "psychologiquement". La réalité est donc que les départements sont appelés à disparaître, d'une manière ou d'une autre. l'affaire des plaques est donc la matérialisation concrète de ces évolutions. Au vu des réactions, les français (lecteurs de libé) semblent donc pour sans percevoir les raisons essentielles de cette réforme. C'est plutôt rassurant. 120 députés sont contre, et cherchent le compromis en souhaitant rendre obligatoire la référence à un niveau territorial appelé à disparaître. Sans doute est-ce les mêmes qui disaient qu'avec l'Euro, l'identité française serait en danger…
18 février 2008
Les oubliés de la «Résistance»France2
Les oubliés de la «Résistance»
Docu-fiction.
En deux volets, cet hommage aux héros anonymes bouscule les clichés.
Libération QUOTIDIEN : lundi 18 février 2008
La France d'après la Guerre de 14 avait célébré, au lendemain de l'armistice, un inconnu poilu dont aucun n'aurait pu dire la nationalité ni le nom. On enterrera le tout dernier d'entre eux sous peu… Le documentaire de ce soir était quelque peu lénifiant et donnait parfois le sentiment qu'il a été construit sur une analogie entre l'Armée des ombres et les mineurs de Zola, prêts à surgir des tréfonds. Le style épique, le choix de l'épopée (bref un récit) est sans doute peu en conformité avec un mode d'approche déconstructif, qui aurait été plus contemporain. Le malaise de ce docu-fiction vient de là. De son idéalisation de la situation comme et d'un choix narratif un peu trop daté et totalisant pour être crédible, même si le propos et la thèse du film restent tout à fait légitimes.
Le schéma mis en place, toutefois, ne donne pas envie de voir la seconde partie. La fin est connue et annocée d’avance : « Tous des justes », en définitive. Au final, l'impression persiste que ce film n'éclaire pas tant l'histoire que ça. Mais qu'il sert bien en revanche, fût-ce par défaut, le présent.
Bref, un film dans l'air du temps (une ère décomplexée) que l'on traverse.
